Intervention de l’Ambassadeur à l’occasion de la Fête nationale - 14 juillet 2014

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Adresse de l’ambassadeur Gilles Montagnier 2014 Jour national français à Suva.

ALLOCUTION DE L’AMBASSADEUR DE FRANCE EN FIDJI S.E. GILLES MONTAGNIER.

Monsieur le Président Ratu Epeli NAILATIKAU

Le Secrétaire Général des Affaires étrangères, M. Amena Yauvoli

Mesdames et Messieurs les ministres, les responsables gouvernementaux et les secrétaires permanents,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, hauts-commissaires et représentants d’organisations internationales, chers collègues du corps diplomatique

Mes chers compatriotes,

Mesdames et Messieurs, Ni Sa bula, Namaste, Bonsoir,

Pour la 4ème fois et la dernière fois je m’adresse à vous à l’occasion de la Fête Nationale. Ma femme et moi quitterons en effet Fidji avec de beaux souvenirs, avant la fin de cette année.

Avant de commencer ce discours, je souhaite vous demander d’observer une minute de silence à la mémoire de notre collègue, M. Peceli Vocea Vuniwaqa, Ambassadeur de la République de Fidji à l’Union européenne, accrédités en France, qui est décédé récemment. (...) Merci.

2014 .... 1914, comment ne pas revenir en arrière il y a un siècle dans cette année très particulière. Dans ce 14 juillet 1914, en Europe, le monde a vécu leurs dernières heures de paix avant le déclenchement, quelques semaines plus tard la plus grande folie que le monde ait jamais vu : en 4 ans, des millions de jeunes hommes, la richesse des nations, ont perdu la vie. Quelques chiffres : 1,5 millions de soldats français, 1 million de citoyens du Royaume-Uni et, dans cette région 75.000 Australiens et Néo-Zélandais ont perdu leur vie avec une population totale de seulement 5 millions à l’époque.

Je n’oublie pas bien sûr les 2,5 millions de Russes et 120 000 soldats américains, alors que les Etats-Unis ne sont entrés en guerre qu’en avril 1917.

Je n’oublierai pas non plus que l’autre côté a souffert de la même manière avec la perte de plus de 2 millions de soldats allemands et un million d’Autrichiens.

Nous ne devons pas oublier, nous devons nous rappeler. C’est pourquoi tous les pays participants, étant gagnants et perdants, les ennemis d’hier, ont voulu donner cet anniversaire l’importance qu’il mérite dans l’organisation de projections à travers le monde, des conférences, des débats et des expositions. Fidji ne sera pas absente de ces célébrations : une exposition sera consacrée ici à ce même musée, au héro fidjien Ratu Sukuna qui a combattu sous …..français. Cette exposition cibler tous les types de publics, mais en particulier les jeunes, parce que nous devons leur rappeler ainsi que tous ceux qui ont oublié ce qu’était la monstruosité de cette guerre en particulier et quel courage il a fallu à participer volontairement comme Ratu Sukuna l’a fait.

Nous venons également de célébrer le 70ème anniversaire du débarquement en Normandie. Consacrons aussi une pensée pour les dizaines de milliers d’Américains, Britanniques, Canadiens, Français, Russes et autres nationalités tués pour libérer l’Europe de la monstruosité du Nazie.

On pourrait penser que cette folie aurait mis fin à la guerre pour toujours. Ce n’est pas le cas : aujourd’hui, le Moyen-Orient est en feu de sang.

Le drame syrien a déjà contribué à déstabiliser la région, mettant en péril la paix du monde, en particulier en danger l’existence même de l’Irak.

A quelques centaines de kilomètres de nos frontières européennes a lieu une crise majeure en Ukraine, dans cette Europe ravagé par des siècles de guerre !

Pourtant, les hommes et femmes luttent pour essayer de maintenir la paix au péril de leur vie. Je rends hommage aux soldats fidjiens dans le Golan, au Sud-Soudan, et depuis que je représente la France, nos soldats français, au Mali, en République centrafricaine, qui se battent pour s’assurer que ces zones ne deviennent pas un nouveau foyer du terrorisme international.

J’ai mentionné Fidji et la France, mais je n’oublie pas, bien sûr, que d’autres pays contribuent également les troupes de maintien de la paix.
Mesdames et Messieurs,

Maintenant, passons aux choses plus optimistes, les relations entre Fidji et la France.

Ces relations sont bonnes au niveau politique grâce à l’approche équilibrée adoptée par chacune des parties.

Il n’y a pas longtemps, la France a indiqué son assurance sur la bonne volonté du gouvernement de suivre …. pour les élections et le retour à la démocratie en 2014, les élections auront lieu dans moins de deux mois. Dans la mesure où nous sommes dans une période électorale, je n’en dis pas plus, jusqu’à l’annonce officielle des résultats !

En ce qui concerne nos territoires dans la région, Fidji a réaffirmé sa neutralité, par la voix du Premier ministre lors du séminaire « Comité de décolonisation" C24 à Nadi, laissant les populations concernées le droit de décider de leur avenir. Dans le cas de nos territoires, ces populations ont pu s’exprimer en 2013 en Polynésie française et, en mai 2014, en Nouvelle-Calédonie. Une grande majorité s’est clairement prononcé contre l’indépendance et le maintien de liens ainsi sous une forme à déterminer, avec la France. Je vous demande donc encore une fois à tout le monde de respecter le choix des électeurs et ne pas intervenir aux questions de politique intérieure comme la France ne se mêle pas de leurs affaires intérieures.

En termes de culture et de coopération, une bonne relation politique et excellente relation. Nous avons mené beaucoup d’actions cette année, avec le soutien du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie qui rend son intégration régionale et donc sa relation avec les Fidji, l’une de ses priorités.

La plus évidente est bien sûr la coopération culturelle et artistique. Chaque 21 Juin, la Fête de la Musique est désormais un rendez-vous incontournable dans le calendrier culturel fidjien. Pour atteindre un public plus large, il a été décidé que cette année, le festival de musique irait pour une semaine et mettre l’accent sur la musique classique. Avec le succès de cette expérience, il se reproduira l’an prochain.

La deuxième édition du festival du film documentaire organisé à Suva par le Service de coopération culturelle et de l’Ambassade de France en collaboration avec nos partenaires à Fidji a été un succès remarquable, il fait maintenant partie du paysage culturel de Suva.

Je vais aussi parler des activités de l’Alliance Française et en particulier la projection gratuite de film français deux fois par mois. Bien sûr, ces films sont sous-titrés en anglais, mais il est beaucoup mieux à apprécier en original.

Donc, pour ceux qui ne parle pas encore : s’il vous plaît apprenez le français. Rejoignez les nombreux étudiants qui apprennent notre langue à Suva Grammar School, Marist Brothers High School, International School Suva, International School Nadi, USP, FNU et autre. L’apprentissage du français est de rejoindre une communauté linguistique et culturelle de 270 millions de personnes, et de 750 millions en 2050 selon les prévisions. Même le magazine Forbes a déclaré en Mars cette année que le français serait la langue de l’avenir ! Apprendre le français dans cette région du monde n’a rien d’exotique. Il est la langue de plus d’un demi-million de personnes en Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et Wallis et Futuna, auxquels il faut ajouter les nombreux francophones au Vanuatu. Je saisis cette occasion pour dire encore une fois que Fidji devrait signer la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Un pays d’un mélange de culture unique, d’un passé riche et de traditions, Fidji est particulièrement préoccupé par ce traité, qui protège et promeut toutes les langues et toutes les cultures. Comme je l’ai dit l’année dernière, une langue, une culture qui disparaît est une perte irremplaçable pour toute l’humanité. Maintenant je sais comment les Fidjiens sont attachés à leur langue et leurs traditions.

Une autre partie importante et visible de notre coopération implique une coopération artistique.

De nombreux échanges entrepris longtemps favorisent la création d’œuvres communes principalement entre Fidji et Nouvelle-Calédonie : le théâtre, album de musique, danse et exposition.

Moins visible mais tout aussi important est la coopération scientifique et de l’Université. Plusieurs accords de coopération ont été promis entre l’USP et FNU et les universités et les organismes de recherche renommés mondiales présents en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie française dans des domaines d’une extrême importance pour les pays et territoires de développement durable de la région, le changement climatique (je reconnais la présence de l’APCE -sd gens dans l’assistance), le génie électrique, mais aussi dans les sciences humaines : le patrimoine culturel, l’économie, le tourisme et l’hospitalité ... Bien sûr, notre coopération concerne également ce qui est le plus grand défi pour vous tous, les pays et territoires du Pacifique, les conséquences de réchauffement de la planète.

La conférence Océanie 21 tenu deux dernières semaines à Nouméa a été un grand succès avec 20 Etats et territoires du Pacifique représentés à haut niveau. La France accueillera l’année prochaine le COP 21, la conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Notre objectif est de faciliter entre tous les pays un accord international qui permettra de maintenir l’augmentation des températures de moins de 2 ° C degrés. Je vous laisse imaginer la réticence de certains pays ! Soyez convaincu que la France, une puissance du Pacifique, se tiendra aux côtés des Etats insulaires. Le changement climatique doit être notre combat.

Je voudrais conclure ce résumé de notre coopération avec son allure sportive. Nous avons encore de très bonnes relations, non seulement parce que notre dernier match à Fidji, le novembre dernier, a été un match amical (une bonne chose pour nous cette fois ...). Vous savez que 200 joueurs fidjiens jouent en France. Mais savez-vous que la moitié des Fidjiens de l’équipe nationale « Flying Fijians », joue en France ? Nous sommes heureux d’accueillir certains d’entre eux ce soir, y compris le capitaine du « Flying Fijians » Akapusi Qera avec Sisa Koyamaibole. Nous avons aussi la chance d’avoir la présence de M. Nicolas Godignon, entraîneur de Brive, qui a des projets intéressants pour les Fidji. Je n’en dirai pas plus ! Puis-je vous rappeler que je suis également accrédité à Kiribati, Nauru, Tonga et Tuvalu. Je salue la présence de mes collègues qui représentent ces pays ici ce soir et surtout Son Altesse Royale la Princesse Lupepau’u Tuita de Tonga qui nous a honoré de sa présence, ainsi que Madame Tui’vakano, chef du protocole du ministère des Affaires étrangères. Je suis allé la semaine dernière à Tonga pour marquer l’anniversaire de sa majesté Tupou VI. La France avait envoyé son bateau de patrouille, "La Glorieuse", comme une marque de liens étroits avec ce royaume du Pacifique Sud où nous avons ouvert en 2013 une Alliance française à Nuku’alofa !

Enfin, je tiens à remercier tous ceux sans qui cet événement aurait été moins facile à réaliser.

L’équipe du musée et de son directeur, Mme Sagale Buadromo. Mais aussi l’équipe française, les entreprises qui nous soutiennent et témoignent de la vivacité des relations économiques entre nos deux pays : Total et de la BRED, toujours prêts à répondre aux demandes, ATR qui a remis à Fidji Airways son premier ATR 72 – j’ai personnellement apprécié la qualité et le confort en me rendant à Tonga la semaine dernière.

Airbus, ATR, la France fabriquerait-elle que des avions ? Non, la France fabrique aussi des voitures. Merci à Vision Motors qui importe à Fidji les véhicules Peugeot que vous aviez du apercevoir à l’extérieur lorsque vous êtes venu ce soir. J’espère en voir nombreux sur les routes de Fidji. Je remercie également à Alcatel-Lucent. C’est une équipe française. Comme nous sommes très ouverts, nous sommes également heureux d’avoir le soutien de Nestlé, un groupe suisse d’origine française, et Fiji Water !

Enfin, la France est synonyme de manger et de bien boire. Cette année, nous avons voulu mettre en évidence ce que nous appelons en France, "gastronomie", une alliance de plaisir (la bouche et des yeux), de la fraîcheur et de convivialité. Le buffet a été préparé par M. Jean-Marc Ruzzène et M. Jacques Prouchandy, Français chef exécutif du Sofitel et Radisson à Nadi et M. Philippe Garand, qui n’a pas besoin d’introduction, le chef de la direction de Holiday Inn Suva, avec l’assistance du chef de la Résidence de France, M. Christophe Dumas. Je tiens à tous vous remercier ainsi qu’à vos équipes pour ce beau et certainement délicieux buffet merci ! Ceci sera accompagné par le champagne Taittinger et des vins français importés par Victoria Wines. Que mettre en avant par la gastronomie française, classée universel par l’UNESCO en 2010. Espérons que cela donne envie aux investisseurs pour ouvrir un restaurant français à Suva ! Et après une belle performance de violon – tous des morceaux français ! - par Mme Tricia Buzzard (merci beaucoup), nous vous offrons une touche du pacifique avec le plus célèbre des îles Fidji M. Tom Mawi !

Je vais maintenant demander Son Excellence le Président et le Premier ministre de Fidji, ainsi que nos invités d’honneur, aux chefs et aux joueurs en particulier, à se joindre à moi sur scène et d’écouter les hymnes nationaux interprétés - et je les en remercie - la chorale de l’école Suva Grammar !

Vinaka vakalevu, Dhanyavad, et Merci à tous
Je vous remercie tous et profitez de la soirée !

Dernière modification : 11/12/2014

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