Entretien avec Antoine Esteban, Attaché régional de coopération, d’action culturelle et pour le développement durable à l’Ambassade de France à Fidji.

Son désir d’acquérir plus d’expérience à l’étranger a abouti à la présentation de sa candidature à un poste de Volontaire International en administration (VIA).

Aujourd’hui, 2 ans plus tard, M. Antoine Esteban revient sans regret sur son parcours.

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Antoine Esteban, lors d’un déplacement à l’église de Naililili (construite par des religieux français).
(Photo : Ambassade de France, Suva)

Q : Quand avez-vous décidé de devenir volontaire international ?

R : J’ai décidé à la fin de mes études.

Q : Si c’est par choix, qu’est-ce qui a influencé votre décision ?

R : Je suis titulaire d’un master en relations internationales de l’Institut d’Etudes Politiques de Lille (nord de la France) ; j’ai eu au cours de mon cursus l’opportunité d’effectuer deux stages à l’étranger : l’un en Argentine, l’autre au Togo (Afrique de l’Ouest). Je souhaitais effectuer un autre séjour professionnel à l’étranger, dans l’optique d’acquérir plus d’expérience dans le domaine des relations internationales et du développement. C’est durant mon cursus universitaire que j’ai entendu parler du programme de volontariat international en administration.

Q : Comment fonctionne ce système de volontariat international en administration (VIA) et comment l’intègre-t-on ?

R : Le ministère français des affaires étrangères dispose d’un site Internet regroupant les différents postes ouverts dans ce programme. Après inscription sur le site, les citoyens français âgés de moins de 28 ans disposant d’un diplôme pertinent peuvent envoyer leur candidature en ligne (CV et lettre de motivation) pour différents postes (le plus souvent, des contrats d’un an renouvelable une fois). C’est un programme extrêmement compétitif ; généralement plusieurs centaines de candidats postulent à chaque poste.

Q : Avez-vous choisi Fidji ou vous l’a-t-on imposé ?

R : J’ai postulé pour différents postes dans tout le monde (Amérique latine, Afrique, Asie et Pacifique), et j’ai finalement été sélectionné pour un entretien pour ce poste à l’ambassade de France à Fidji. Je suis allé à cet entretien au ministère à Paris, et, après deux jours, j’ai reçu un appel m’informant que j’avais obtenu le poste. J’ai décollé deux mois plus tard, le temps de préparer mon départ (en particulier les différentes démarches administratives).

Q : Où êtes-vous né ? Quelles sont les caractéristiques culturelles, sociales ou géographiques propres à votre région d’origine ?

R : Je suis né à Rouen, capitale de la Haute-Normandie. La Normandie est connue à travers le monde pour être l’un des berceaux de l’impressionnisme (Claude Monnet y a habité, et y a réalisé ces principales œuvres en s’appuyant sur les paysages normands, notamment Les Nymphéas de son jardin), ainsi que pour être le théâtre du débarquement des Américains et de leurs alliés en juin 1944. C’est une région également très connue pour ses fromages (en particulier le camembert) et le Mont-Saint-Michel.

Q : Quand êtes-vous arrivés à Fidji et pour combien de temps y êtes-vous ?

R : Je suis arrivé en novembre 2010, et quitterai le pays d’ici deux semaines. Après deux ans, cela va être difficile de quitter ce pays incroyable, que je considère parfois comme « chez moi », et retourner en Europe.

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Pr Rajesh Chandra, Vice-chancelier de l’USP, Antoine Esteban, Morgan Tuimaleali’ifano, Directeur de l’école des sciences sociales de l’USP, lors de la cérémonie de remise de conventions de deux projets Fonds Pacifique.
(Photo : Ambassade de France, Suva)

Q : Quelles sont vos responsabilités au sein de l’ambassade ?

R : J’occupe le poste d’Attaché régional de coopération, d’action culturelle et pour le développement durable. La mission principale du service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France à Fidji pour lequel je travaille est de promouvoir la coopération entre Fidji et les différents Etats de compétence de l’ambassade – Kiribati, Nauru, Tonga et Tuvalu – et leurs voisins français : Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Wallis-et-Futuna.

Dans ce cadre, je suis en particulier en charge des dossiers concernant la coopération régionale. Cette tâche implique que mon activité couvre différents secteurs devant contribuer à un meilleur développement de la région Pacifique : environnement, santé, éducation, recherche, culture…

Par exemple, je suis en charge sous l’autorité de mon supérieur hiérarchique des dossiers du Fonds Pacifique pour les cinq Etats de notre circonscription diplomatique, ce fonds visant à promouvoir et développer l’intégration régionale des territoires français du Pacifique. Il a entre autres financé l’année dernière la première station de rechargement solaire de véhicules à l’Université du Pacifique Sud, une première pour la région.

J’ai également accompagné la première mission sénatoriale (visant à étudier l’avancée des réformes démocratiques dans le royaume) qui s’est rendu à Tonga, en juillet 2011. Je suis par ailleurs en charge de l’organisation de la Fête de la Musique (Fiji Music Day), organisée chaque année le 21 juin en partenariat avec l’Alliance française de Suva.

C’est un poste très intéressant car il m’a conféré la possibilité de travailler sur un nombre très varié de thématiques impliquant plusieurs pays et territoires français de la région.

Q : Appréciez-vous votre poste ?

R : C’est une très bonne opportunité pour un jeune diplômé comme moi pour acquérir de l’expérience à l’international, de par la diversité de mon activité et son caractère régional. J’apprécie également beaucoup de travailler avec mes collègues – Français et Fidjiens – à l’ambassade ainsi qu’avec nos multiples partenaires de coopération.

Q : Quels sont les objectifs que vous espérez atteindre avant la fin de votre séjour à Fidji ?

R : Etant donné que je vais partir très bientôt, il n’y a pas d’objectif particulier que je souhaite encore atteindre. Je vais simplement essayer de faire au mieux mes adieux à toutes les personnes que j’ai eu la chance de rencontrer durant ces deux années, ainsi que la ville de Suva elle-même. J’apprécie énormément de vivre à Suva. Je suis allé dans de nombreux Etats et territoires du Pacifique, mais il n’y a pas une autre ville où je souhaiterais habiter dans la région.

Q : Que pensez-vous de Fidji et de ses habitants ?

R : En tant qu’Européen, après m’être adapté aux spécificités locales – en particulier le fameux ‘Fiji Time’ -, j’ai beaucoup apprécié Fidji et ses habitants. Plus particulièrement, j’aime le côté accueillant et souriant des Fidjiens vis-à-vis des étrangers (j’ai arrêté de compter le nombre de fois où les gens m’ont salué dans la rue avec le traditionnel « bula » - bonjour en Fidjien). Cela rend très facile de s’adapter au pays. Je me suis également intéressé personnellement et professionnellement à la culture et aux traditions fidjiennes ; à mon arrivée dans le pays, j’ai étudié le Fidjien pendant un an à l’Alliance française de Suva, afin d’être capable de mieux comprendre les Fidjiens et leur culture.

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Avec ses collègues de l’Ambassade (g-dr) Eddy CHOW, Rakesh PRASAD, Isabelle HURSTEL, Coline LORANG & Loic RAIMBAULT - lors de la visite de La moqueuse, en escale technique à Suva.
(Photo : Ambassade de France, Suva)

Q : Ajouter tout commentaire/information que vous jugez pertinent(e)s.

Je pense avoir été très chanceux de passer ces deux années à Fidji. Professionnellement, cela m’a apporté une expérience de qualité dans un pays en plein développement et actuellement confronté à des enjeux économiques et politiques majeurs.
J’ai également eu l’opportunité de beaucoup voyager, dans la région (je suis allé dans 10 pays et territoires du Pacifique) et à Fidji (à l’exception de Rotuma et des Lau, je crois être allé presque partout).

J’ai également essayé de « rendre » aux Fidjiens à la mesure de mes moyens. Par exemple, avec mes collègues de l’Ambassade, nous avons realisé une collecte de vêtements pour les victimes des inondations qui ont affecté l’ouest de Viti Levu (l’île principale de Fidji) en début d’année, et j’ai pris part à la campagne « WOWS Shave or Save », visant à sensibiliser et à récolter de l’argent pour les enfants atteints d’un cancer (j’ai ainsi rasé mes cheveux, qui finalement repoussent).
J’ai également eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes, des Fidjiens bien sûr mais également des îliens d’autres pays du Pacifique et des expatriés.

En conclusion, je dirais que cela a été une expérience exceptionnelle, et je suis très reconnaissant envers l’Ambassade, le ministère des affaires étrangères et les Fidjiens pour avoir fait de mon séjour un souvenir inoubliable.

Ni sa moce Fiji, ça a été wananavu.

Pour en savoir plus :

Le Volontariat International en Administration (V.I.A) est destiné aux jeunes de 18 à 28 ans souhaitant travailler pour des services de l’État à l’étranger : dans les consulats, les ambassades, les services et les missions économiques français à l’étranger ou encore dans les services de coopération et d’action culturelle.

Dernière modification : 05/11/2012

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