Julian Vulakoro, joueur du Rugby Club Nîmes - "A la découverte des rugbymen fidjiens en France !"

  • Nom : Vulakoro
  • Prénom : Julian Robert Bavatu
  • Date de naissance : 30/06/82
  • Lieu de naissance : CWM SUVA FIJI
  • Situation matrimoniale : Marié
  • Club : Rugby Club Nîmes
  • Poste : Centre
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Julian Vulakoro, joueur pour le Rugby Club Nîmes
(Photo : Supplied)

Comme l’a déclaré l’ambassadeur de France Gilles Montagnier lors de la célébration de la Fête nationale de la France à Suvale 14 Juillet, "Le seul domaine des lequel nous ne pouvons pas lutter en cette année 2012 est celui du sport. La victoire des Fidjiens est écrasante, pour M. Franck Boivert ici, que je salue ce soir, près de 200 rugbymen Fidjiens jouent en France. Donc victoire de Fidji 200 à 1."

Ce rugbyman dans notre prochaine série "A la découverte Rugbymen Fidji en France," n’est pas un étranger au rugby à Fidji. Il a non seulement joué dans les compétitions locales, mais a aussi fait partie de l’équipe nationale. Comme tant de 200 rugbymen fidjiens en France, M. Julian Robert Bavatu Vulakoro a surmonté de nombreux défis pour arriver là où il est aujourd’hui. Lisez la suite de cette interview exclusive.

Q : De quelle partie des Fidji êtes-vous originaire ? Où avez-vous grandi ?

R : Je suis originaire de l’île de Yacata mais j’ai grandi à Suva.

Q : Quand avez-vous commencé le rugby ?

R : Je dois admettre que ma passion pour le rugby est venue de mon frère aîné George Vulakoro, que j’avais l’habitude de regarder jouer quand j’étais à l’école primaire, et qui est encore, à ce jour, mon joueur préféré. Entre les deux enfants de la famille, je suis celui qui est allé le plus loin dans le rugby, en choisissant ce sport comme carrière pour moi et ma famille !

Q : Quand êtes-vous devenu joueur professionnel ?

R : Pour moi, quand nous disons "professionnel", ce n’est pas lorsque que quelqu’un obtient des récompenses qu’il agit de façon professionnelle, mais par le sacrifice qu’il réalise pour atteindre son objectif. Ceci fait déjà de lui un pro, je pense. J’ai commencé à être professionnel quand je ne réussissais pas à l’école… A cette époque là, le rugby était la seule solution pour moi, car je passais plus de temps avec le ballon ovale qu’avec mes stylos et mes livres. Alors oui, j’ai commencé à jouer professionnellement le jour où j’ai choisi le rugby comme carrière.

Dans quels clubs avez-vous joué ?
J’ai joué trois saisons merveilleuses avec le Racing-Métro 92, puis deux saisons à Marseille, et maintenant je suis à Nîmes.

Racontez brièvement votre parcours de rugbyman.
Cela a été un merveilleux voyage. J’ai rencontré et me suis fait beaucoup de nouveaux amis, et j’ai appris à aimer la vie « à la française », à laquelle nous, en tant que famille, nous sommes très bien adaptés. Tout d’abord, je ne serais pas où je suis maintenant sans ma magnifique femme, Miliakere Vulakoro, qui a été l’épine dorsale de ma carrière, depuis mes débuts jusqu’à présent.
Je suis également éternellement reconnaissant envers Kalaveti Batibasaga et ma famille dans le village de Navola, et envers tous les gens qui ont joué un rôle dans ma carrière de rugbyman (Ils se reconnaitront), sans oublier feue ma mère Ena Vulakoro, qui était d’abord contre l’idée de choisir le rugby comme carrière (ce qui est compréhensible car toutes les mères veulent le meilleur pour leurs enfants et, à cette époque, aux îles Fidji, être sportif professionnel n’était pas suffisant pour amener de la nourriture sur la table).
C’est devenu un de mes objectifs et, grâce aux talents dont Dieu nous a bénis, nous pouvons vivre du rugby, de telle sorte que, plus tard dans ma carrière, j’ai réussi à convaincre ma mère de me supporter et elle est devenue mon fan numéro 1, ce dont je suis encore très fier aujourd’hui

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Entraînement avec Jonah
(Photo : Supplied)

Q : Quel a été « l’élément déclencheur » de votre départ en France ?

R : Avant la France, j’ai passé quelques saisons en Nouvelle-Zélande, et je peux dire que c’est le meilleur endroit pour apprendre le vrai rugby. Tous les joueurs qui sont passés par la Nouvelle-Zélande sont d’accord pour dire que c’est le meilleur endroit pour vous préparer à devenir joueur de rugby. L’élément déclencheur pour moi a été l’excitation d’une nouvelle aventure, et aussi le fait que j’avais fondé une famille, j’ai eu un fils (Tukai), Sefanaia Sukanaivalu Vulakoro, et c’était le bon moment pour aller en France si je voulais aider ma famille financièrement.

Comment êtes-vous rentré en contact avec votre club en France ?
Grâce à David Mooney, un agent agréable, avec qui je n’ai été en relation que par téléphone, et qui m’a contacté aux Fidji après ma tournée en Europe avec les Fidji 15’s en 2005. Il m’a mis en relation avec l’agent français Manu Bloviel, qui a décroché mon contrat avec le Racing-Metro 92.

Q : Qu’est-ce-qui a changé depuis que vous êtes joueur professionnel ?

R : Rien n’a vraiment changé pour moi, je garde les mêmes valeurs qu’on m’a inculquées quand je grandissais. Bien que nous sommes maintenant en France avec trois enfants et que nous gagnons raisonnablement bien notre vie, j’essaie de ne pas trop changer. On garde notre identité Fidjienne. Je crois que personne ne doit changer sa manière d’être selon ses réalisations professionnelles. Il est aussi important pour ma femme et moi de faire en sorte que nos enfants ne perdent pas leur identité fidjienne, peu importe où nous nous trouvons dans le monde.

Q : Comment s’est passé l’intégration au sein de l’équipe ? En France ?

R : Au début, c’était difficile parce que je devais quitter ma famille, mais à la fin ça allait. Je suis un joueur d’équipe, et m’entendre avec mes nouveaux camarades n’a pas été difficile pour moi. C’était une nouvelle aventure pour ma famille et moi et je dois remercier le Seigneur de nous avoir bénis avec cette grande opportunité, car sans Sa bénédiction nous ne serions pas où nous sommes aujourd’hui.

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Isikeli Davetawalu,Tavite Veredamu,Joeli Navolo,Tereaimu et ses 3 enfants : Tukai, Enna et George Vulakoro
(Photo : Supplied)

Q : Qu’est-ce-qui vous a le plus choqué/surpris à l’arrivée en France ?

R : La culture française et aussi l’endroit où je m’apprêtais à séjourner - PARIS ... c’est très joli.

Q : Quelles sont les principales différences, pour vous, entre les Iles Fidji et la France ?

R : Je pense que la principale différence est de ne pas être avec sa famille.

Q : Votre famille vous a-t-elle accompagnée en France ? Si non, à quelle fréquence rentrez-vous la voir ?

R : Oui, ils ont été ici avec moi depuis que j’ai commencé mon contrat en 2006 !

Q : Comment communiquez-vous avec vos proches restés aux Iles Fidji ?

R : Par téléphone et par internet.

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Les Vulakoro avec des amis- Sa femme, Miliakere, et 2 légionnaires fidjiens Joeli Navolo, Tavite Veredamu et Teremu Tevaearai (Tahiti).
(Photo : Supplied)

Q : Pourquoi être venu jouer en France ?

R : C’était une occasion qui n’arrive qu’une fois dans la vie, c’est le Saint Graal pour les joueurs de rugby du Pacifique, en particulier Fidji ! C’est le seul moyen d’être respecté et admiré au sein de la communauté. Par ailleurs, la France est un endroit merveilleux pour élever une famille !

Q : Ce que vous préférez en France ?

R : Eh bien la famille bénéficie à la fois de la santé, du travail et surtout de la culture !

Q : Qu’est-ce-qui vous manque le plus ?

R : Ena Rogoyawa Vulakoro (ma mère)

Q : Votre meilleur souvenir de match ?

R : Gagner la Farebrother CUP pour le Suva Rugby contre Nadroga en 2005 ... C’était un sentiment incroyable !

Q : Votre meilleur souvenir en tant que supporter ?

R : Regarder mon fils jouer au rugby pour la première fois !

Q : Votre joueur préféré ?

R : George Vulakoro, mon frère, qui m’a donné envie de jouer au rugby quand je le regardais jouer ... il aurait pu être un grand joueur !

Q : Votre équipe préférée ?

R : COASTAL STALLIONS 2004 (Colonial Cup Fiji)

Q : Comment vivez-vous votre nouvelle célébrité ?

R : Je pense que ma célébrité en tant que joueur professionnel touche à sa fin, mais je suis très heureux que certaines personnes continuent de me reconnaître...

Q : Une fois votre carrière internationale terminée, aimeriez-vous revenir jouer pour Fidji ?

R : J’ai déjà joué pour Fidji. Je n’ai pas enlevé le maillot, je le porte toujours sur moi ici en France, pour ouvrir la voie à nos jeunes Fidjiens qui ont choisi le rugby comme carrière pour pouvoir venir ici. Donc mon devoir en tant que joueur de rugby fidjien est de me battre sur et en dehors du terrain pour que nos jeunes rugbymen aient un avenir ici. Donc oui, j’aimerais revenir et de redonner aux Fidji, mais pour l’instant je dois continuer à me battre pour les futurs joueurs Fidjiens.

Q : Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

R : Eh bien, c’est loin, 10 ans… Je ne sais pas vraiment, mais c’est ce qui fait la beauté de laisser Dieu décider de votre avenir. Il suffit de croire en Lui, et tout ira bien.

Q : Qui vous inspire le plus ?

R : Ma famille.

Q : Beaucoup de sportifs ont un porte-bonheur (bracelets, etc) ou même un rituel spécial avant un match important ; est-ce votre cas ? Si oui, lequel est-ce ?

R : Mon porte-bonheur, c’est de savoir que tout va bien à la maison avec ma famille et ceux qui sont avec eux. Alors seulement suis-je en mesure de me concentrer sur mon jeu, peu importe le niveau de rugby.

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Noël 2011 en France avec la famille et des amis
(Photo : Supplied)

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Dernière modification : 19/07/2012

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