Portrait d’une volontaire - Amandine, Alliance Française de Suva, Fidji

Le volontariat en France

L’histoire du volontariat en France remonte à 1963, avec la création, sous l’impulsion du Général de Gaulle, de l’Association Française des Volontaires du Progrès (AFVP). L’objectif était de donner la possibilité aux jeunes français d’aller aider et manifester leur solidarité avec les pays à l’étranger, tout en répondant à la création des Peace Corps (Corps de la paix) américains.
L’AFVP, présente dans une quarantaine de pays, avec environ 350 volontaires, est devenue l’association France Volontaires le 1er octobre 2009, sous l’initiative des pouvoirs publics et du monde associatif.

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France Volontaires est restée fidèle aux valeurs de respect, de partage et de tolérance de l’AFVP, tout en renforçant sa mission d’intérêt général : « contribuer au développement qualitatif et quantitatif des différentes formes d’engagement volontaire et solidaire à l’international, les Volontariats Internationaux d’Echange et de Solidarité. ».
France Volontaires, c’est donc, au 30 juin 2011, 105 salariés, dont 59 à l’étranger, et 230 volontaires présents dans 55 pays à travers le monde.

D’une manière générale, le volontaire est ouvert d’esprit, curieux du monde qui l’entoure, possède une bonne capacité d’écoute, d’adaptation, d’animation et de communication.
Il accompagne, aide et forme les acteurs locaux (associations, ONG, collectivités locales, etc) dans la mise en œuvre de plusieurs actions de développement. Les domaines d’intervention sont multiples et variés : éducation, santé et action sociale, valorisation du patrimoine culturel et environnemental, développement économique, etc.

Il existe d’autres organisations pour l’envoi de Volontaires, comme la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), le Service Protestant de Mission (Défap), ou encore le Volontariat dans le Scoutisme.

2011 était l’année Européenne du Volontariat. L’occasion de découvrir le parcours d’Amandine, volontaire à l’Alliance Française de Suva, aux Iles Fidji.

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Amandine, volontaire à l’Alliance Française
(Photo : Ambassade de France)

Q : Bonjour Amandine, merci d’avoir accepté cet entretien. .Pour commencer, pourriez-vous décrire votre parcours brièvement ?

R : Je viens des Ardennes, où j’ai étudié jusqu’au lycée. Ensuite, je suis partie à l’Université, à Lille, où j’ai fait un DEUG (Diplôme d’Etudes Universitaires Générales) de cinéma, puis une licence professionnelle d’édition à Toulouse, et un master de littérature jeunesse à distance avec l’Université du Mans… et j’ai terminé avec un master de « Lettres - Métiers de l’Enseignement » à l’IUFM du Pacifique, à Nouméa ! Entre temps, j’ai un petit peu voyagé, je suis partie un an en Australie pour apprendre l’anglais. A la fin de mes études, je n’ai pas trouvé de travail en France, je suis donc allée en Nouvelle-Calédonie rejoindre mon frère. J’y ai fait quelques vacations dans l’enseignement, pour le vice-rectorat, dans des collèges, en tant que professeur de français. Je me suis réinscrite à l’université, où j’ai eu mon master de Lettres. Au sein de l’université, on nous a diffusé une annonce de l’Alliance Française qui était à la recherche d’un assistant de langue pour Fidji. J’ai postulé, et je suis arrivée à Fidji, où j’ai enseigné le français dans le secondaire, à Yat Sen, à FNU et à l’Alliance Française. C’était en mars 2011. Mon contrat s’est achevé en novembre 2011, et on m’a proposé de rester sur un autre poste pour l’Alliance, par le biais de France Volontaires. Je suis rentrée en France pour assister à une formation d’une semaine avec France Volontaires, et je suis retournée aux Fidji en janvier, où j’ai pris mes fonctions pour 2 ans (jusqu’en janvier 2014, donc).

Q : Vous avez donc découvert le volontariat par coïncidence ?

R : Exactement. Je ne me suis pas renseignée personnellement. C’est quelque chose qui m’a été proposé par Gaëlle (le Breton), la directrice de l’Alliance Française. J’ai donc découvert France Volontaires par son intermédiaire. Ca me permettait de rester aux Fidji, de découvrir un peu plus la région pacifique, la culture fidjienne, et d’avoir des responsabilités plus étendues, de ne plus rester uniquement sur l’enseignement, mais de toucher aussi au culturel et de faire le lien avec les enseignants dans les écoles.


Q : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’Alliance Française ?

R : L’Alliance Française a pour but de promouvoir la langue et la culture française à travers le monde. A Fidji, on donne des cours de français, tous niveaux, du débutant au plus avancé. On fait également passer les examens officiels du DELF (Diplôme d’Etude en Langue Française) et du DALF (Diplôme Approfondi de Langue Française), à raison de deux sessions par an. Cette année, ce sera en mai et en décembre. Et puis on essaye de faire des projets culturels en lien avec la culture française et la culture du pays. Dans notre cas, mêler les cultures fidjiennes, françaises et indiennes. C’est vraiment un espace d’échange. Les gens peuvent aussi venir emprunter des livres, des dvd, assister à des soirées cinéma gratuites, etc.

Q : Quels sont les grands événements de l’année que vous organisez ?

R : Le premier, c’est en mars, avec la Semaine de la Francophonie. Il y a des projections dans les écoles, les universités, et à l’Alliance Française. On a aussi la Fête de la Musique, qui est un des plus gros événements de l’année et pour lequel nous travaillons avec le SCAC (Service de Coopération et d’Action Culturel de l’Ambassade de France). Les sessions d’examens sont également importantes puisqu’elles demandent du temps et de la préparation. Nous avons aussi des événements mensuels comme les soirées cinéma, les cours pour les enfants, etc.

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Projection du film "Le Petit Nicolas" à Suva Grammar School, à l’occasion de la Fête de la Francophonie
(Photo : Alliance Française)

Q : Enseignez-vous toujours pour l’Alliance Française ?

R : J’enseigne beaucoup moins que l’année dernière, où j’avais un contrat de 18h par semaine. Cette année, je suis un « renfort enseignant », c’est-à-dire que je prends les cours particuliers, niveaux débutant et avancé, les enfants. Mais l’essentiel de mon travail, c’est vraiment le culturel et l’administratif. Ca passe par le site internet, la page facebook de l’Alliance, la newsletter, les réseaux de communication.

Q : Comment peut-on rejoindre l’Alliance Française, ou France Volontaires ? Faut-il une formation particulière ?

R : Dans l’idéal, quand on regarde un peu les sites internet dans le domaine du FLE (Français Langue Etrangère), il est demandé au postulant, au candidat, d’avoir une option FLE dans son cursus universitaire, que ce soit une licence, un master 1 voire un master 2. Moi, je n’avais pas cette option FLE, mais j’avais de l’expérience dans l’enseignement du français, et j’avais une expérience à l’étranger qui m’a appris à parler anglais. C’est donc plutôt mon expérience personnelle qui m’a permis d’accéder à ce poste. Mais le métier d’enseignante de FLE ne s’improvise pas, il faut se former au quotidien et être informé des nouvelles méthodes d’enseignement. Nous avons d’ailleurs reçu une formation dernièrement et serons formés prochainement à l’utilisation de nouveaux manuels. Mais tout ceci dépend beaucoup des Alliances : Aux Etats-Unis, au Canada, la sélection est très rude, alors que pour les Alliances du Pacifique, les candidats sont souvent moins nombreux, et donc les critères de sélection sont un peu plus souples.

Q : Qu’est-ce-que le Volontariat vous a apporté et vous apportera, au niveau professionnel ?

R : Le poste que j’occupe en ce moment ne m’aurait pas été proposé hors contrat de Volontariat. Là, j’ai la chance de toucher à plusieurs domaines et d’acquérir une très bonne expérience professionnelle qui me permettra par la suite de postuler à des offres d’emploi de coordinateur pédagogique dans les alliances, ou attaché de coopération pour le français dans les ambassades. Je pense que c’est vraiment un tremplin pour l’avenir, pour un futur poste. C’est une bonne formation, polyvalente.


Q : Quel a été le choc culturel le plus marquant, à l’arrivée aux Fidji ?

R : Le choc culturel le plus marquant ? hmm… le manque d’organisation, dans la vie en général et dans le travail en particulier. Je suis arrivée dans une école dans le secondaire où j’étais prof de français, j’étais un petit peu perdue… parce-qu’ici, les enseignants, ce n’est pas comme en France, où l’enseignant fait 18h par semaine et vient une heure par-ci, une heure par là. Ici, l’enseignant est tenu d’être présent à l’école tous les jours de la semaine de 8h à 16h. Donc moi, petite prof de français, je me sentais un peu à part, j’avais l’impression de ne pas avoir de légitimité… puis ce sentiment s’est bien vite dissipé, au fil des semaines. Mais donc en règle général, le manque d’organisation, le fait que les choses soient vraiment très lentes, difficiles à obtenir, ne serait-ce que des photocopies, un lecteur DVD, une télévision…ce sont des choses qui demandent beaucoup de temps. C’est ce qui m’a beaucoup surpris au début.

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Le quizz de la Francophonie à l’Alliance Française
(Photo : Alliance Française)

Q : Les bons aspects de Fidji ?

R : Une vie plutôt agréable, et des gens très souriants, très accueillants, chaleureux. Je me sens bien ici.

Q : L’Alliance Française est à Suva. Avez-vous voyagé un peu dans les environs ?

R : Je suis allée au Vanuatu, en Nouvelle-Zélande, et bientôt aux Samoa. Et sur d’autres îles des Fidji (Vanua Levu, Taveuni)


Q : Votre endroit préféré aux Fidji ?

R : La ville de Savusavu. C’est très paisible, et la plongée est magnifique.

Q : Votre restaurant préféré ?

R : Le Daïkoku, un restaurant japonais.

Q : Votre bar préféré ?

R : Le Mango Café. C’est très sympa, et juste à côté de l’Alliance.

Q : Votre plage préférée ?

R : Sur l’île de Taveuni.


Q : Votre pire souvenir ?

R : une attaque nocturne de scolopendre à plusieurs reprises une dizaine de jours après mon arrivée à Suva...J’ai changé d’appartement très rapidement.

Q : Votre meilleur souvenir ?

R : Ma première expérience d’enseignement avec un public d’enfants, appelé Little Frenchies tous les mercredis de 15h30 à 17h00. La première séance m’a angoissée, car j’avais l’habitude d’enseigner aux ados et adultes, pas aux jeunes enfants. Maintenant, c’est le cours que je prends le plus de plaisir à préparer et à donner. J’aime la spontanéité des enfants et la diversité des activités abordées avec eux (chansons, travaux créatifs, activités pédagogiques ludiques, jeux...).


Q : Reviendrez-vous aux Fidji ?

R : J’aimerais beaucoup revenir une fois mon contrat fini ! La distance qui sépare Fidji de la France fait que ça risque d’être difficile, mais c’est en tout cas un endroit que j’adore, et je conseille à tout le monde de venir ici.


En savoir plus :

Le site de l’Alliance Française : http://www.alliancefr.org/

Le site de l’Alliance Française de Fidji : http://www.af-fiji.org.fj/

Le site de France Volontaire : http://www.france-volontaires.org/

Le site de la Délégation Catholique pour la Coopération : http://ladcc.org/

Le site du Service Protestant de Mission : http://www.defap.fr/

Le volontariat dans le Scoutisme :http://scout.org

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Dernière modification : 03/04/2012

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