Sireli Bobo, joueur du Racing Metro - "A la rencontre des rugbymen fidjiens en France"

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Sireli Bobo
(Photo : Supplied)

- Nom : Bobo
- Prénom : Sireli
- Date de naissance : 28/01/1976
- Lieu de naissance : Nawairuku, Ra
- Club : Racing-Metro 92
- Position : Ailier
- Situation matrimoniale : Marié

Sireli Bobo est né à Nawairuku, dans la province de Ra, le 28 janvier 1976. Issu d’une famille modeste, il commence le rugby à 9 ans. Après avoir joué dans différents clubs fidjiens comme le Vatukoula Old Boys ou le Red-Rock Qauia, il devient joueur professionnel en 2003. Sa carrière française commence en France en 2005, à Biarritz. En 2007, il rejoint le Racing Metro 92, son club actuel, où il est ailier.

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Logo du Racing Metro

Le Racing Metro est un club du Top 14 fondé en 1882, qui a remporté cinq championnats de France, un titre de Pro D2 et une coupe de l’Espérance. Les joueurs jouent en ciel et blanc, et sont surnommés "les racingmen" et "les bleus, blancs, ciels"

Découvrez l’entretien exclusif avec Sireli Bobo :

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Sireli Bobo à l’entraînement
(Photo : Supplied)

Q : Quel est votre parcours de rugbyman ?

J’ai commencé à 9 neuf ans, et le rugby a commencé à devenir vraiment important pour moi en 1997. Je jouais pour l’équipe de mon village dans un tournoi de Rugby à 7, et Rupeni Ravonu, alors sélectionneur, m’a repéré et m’a proposé de rejoindre l’équipe de Rugby à 7 de Fidji. Je suis allé plusieurs fois à l’étranger pour des compétitions de rugby à 7 avec mon club local, le Red-Rock Qauia, puis j’ai commencé ma carrière internationale au Portugal.
Je suis éternellement reconnaissant à Dieu pour le talent qu’il m’a donné, pour ce don qui me permet de pratiquer ce sport que j’aime, dans les plus grands clubs du monde, aux côtés de légendes du rugby qui me faisaient rêver quand j’étais petit garçon. J’essaye maintenant de finir ma carrière professionnelle de la meilleure manière possible, après presque 6 ans passés au Racing Metro 92.

Q : Quel a été « l’élément déclencheur » de votre départ en France ? Comment êtes-vous rentré en contact avec votre club en France ?

Je n’ai jamais rêvé ou pensé venir jouer en France. Cependant, lorsque j’étais en Italie, on m’a invité pour un match des World Barbarian à Londres, où un agent de ruby m’a repéré, et m’a décroché un contrat pour jouer à Biarritz. C’est comme cela que ma carrière française a commencé.

Q : Qu’est-ce-qui a changé depuis que vous êtes joueur professionnel ?

J’ai été éduqué par ma mère, c’est elle qui s’occupait de moi quand j’étais petit. Nous étions une famille très pauvre, et n’avions pas beaucoup pour vivre. La vie en ces temps là était très difficile pour nous. Devenir joueur de rugby professionnel m’a permis de changer cela. Maintenant, je peux rembourser ma mère pour tous les sacrifices qu’elle a fait pour moi, et m’assurer que ma famille n’aura plus jamais à retourner à cette vie difficile.

Q : Etait-ce facile, en tant que nouveau venu, de s’intégrer au sein de l’équipe ? De s’intégrer en France ?

Pas vraiment. Heureusement, jouer dans des clubs étrangers avant de venir en France m’avait appris à me mêler à d’autres joueurs, à les rencontrer… et puis il y avait beaucoup de joueurs étrangers aussi, en particulier de Nouvelle-Zélande, Samoa, Tonga, que je connaissais et avec lesquels j’avais joué, des années avant de venir en France. Donc finalement, ça n’a pas posé beaucoup de problème.

Q : Quel a été le plus grand choc culturel, à l’arrivée en France ?

La langue, et le climat… très froid !

Q : Quelles sont les principales différences, pour vous, entre les Iles Fidji et la France ?

Le climat et les styles de vie. Par exemple, aux Fidji, le dimanche, les magasins sont fermés pour la plupart, et les rues sont désertes… en France, c’est le contraire !

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Sireli Bobo et ses coéquipiers
(Photo : Supplied)

Q : Votre famille vous a-t-elle accompagnée en France ?

Oui, ils sont avec moi.

Q : Comment gardez-vous contact avec vos proches restés aux Fidji ?

Par téléphone, et Skype.

Q : Pourquoi avoir décidé de venir jouer en France ?

Pour améliorer mon rugby. C’était aussi financièrement bien plus intéressant que là où je jouais, avant.

Q : Ce que vous préférez en France ?

La France, pour moi, est un très beau pays, sophistiqué et indépendant, qui compte parmi les plus beaux monuments et sites historiques au monde. J’apprécie également le fait qu’il y ait moins de gratte-ciels que dans d’autres pays où je suis allé.

Q : Qu’est-ce-qui vous manque le plus ?

La cuisine fidjienne bien sûr, et le style de vie, moins stressé. Ce qui est également très important pour moi, c’est de me réveiller le dimanche aux Fidji et de voir tout le monde en route pour l’église.

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Sireli Bobo avec son fils
(Photo : Supplied)

Q : Votre meilleur souvenir en tant que joueur ?

Gagner la Coupe Melrose (Rugby à 7) à Hong-Kong en 2005, et également gagné le Bouclier du Top 14 avec Biarritz en 2006.

Q : Votre meilleur souvenir en tant que spectateur ?

Ce n’est pas un souvenir de rugby… c’est quand j’ai vu mon fils aîné jouer son premier match de football, et marquer le but de la victoire. C’était incroyable pour moi.

Q : Votre joueur de rugby préféré ?

La légende du Rugby à 7, Waisale Serevi.

Q : Votre équipe préférée ?

Red-Rock Qauia.

Q : Comment vivez-vous votre célébrité ?

Je suppose que ça a des hauts et des bas… mais c’est la manière dont on gère ça de l’intérieur qui peut affecter votre vie, en bien ou en mal. J’aime ce que je fais, pouvoir bien gagner ma vie grâce à un sport que j’adore, dont je suis passionné… mais en même temps, j’essaye d’être prudent et de vivre ma vie de la façon la plus normale possible, et de ne pas laisser ma « célébrité » me contrôler.

Q : Quand votre carrière internationale se terminera, envisagez-vous de revenir jouer pour les Fidji ?

Oui, si mon corps me le permet. Le sentiment et l’honneur de jouer pour l’équipe nationale est toujours incomparable.

Q : Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

Manager le restaurant que nous avons avec mon épouse, l’aider avec son magasin de vêtements, entrainer, aider à diffuser le gospel et ramener des âmes vers Jésus. Dieu vous bénisse tous.

Q : Qui vous inspire le plus ?

Mon frère ainé, Amoni Vuru, mon coach local, Lote Rasiga, mon ancien coach Simon Mannix qui a été un bon mentor, le pasteur de mon église et sa femme, Pst Atu et Raijeli Vulaono. Et je n’oublie pas ma femme, qui a toujours été à mes côtés.

Q : Beaucoup de sportifs ont un porte-bonheur (bracelets, etc) ou même un rituel spécial avant un match important ; est-ce votre cas ? Si oui, lequel est-ce ?

Non. Je prie juste avant chaque match.

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Sireli Bobo
(Photo : Supplied)

Le parcours de Sireli Bobo :

Clubs fidjiens :
- 1994-1997 Vatukoula Old Boys
- 1998-2003 Suva Rugby Union, Red-Rock Qauia et Tailevu Rugby Union.

Clubs étrangers :
- 1998-1999 Cascais (Portugal)
- 2000-2001 Madrid (Espagne),
- 2003-2004 Wellington (NZ),
- 2004-2005 Overmach Parme (Italie),
- 2005-2007 Biarritz (France)
- 2007 to present Racing Metro 92 Paris (France)

Carrière internationale :
- 9 sélections
- 11 sélections - Fidji 7
- 3 sélections - Pacific Islanders
- 1 Coupe du Monde (2007)

Palmarès :
- 2009 : Champion de France Pro D2 – Racing Metro 92
- 2006 : Champion de France – Biarritz Olympique
- 2005 : Champion du monde de rugby à 7

Liens :

Le site du Racing Metro 92

La fiche de Sireli Bobo

Dernière modification : 19/03/2012

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